Fabienne Courtois vit et travaille à Rouen, en Normandie.
Tout a réellement commencé en 2004, dans les ateliers de Jean-Pierre Bourquin à l’école des Beaux-arts de Rouen. Les premiers carnets de Fabienne Courtois apparaissent, d’abord réalisés aux pastels secs, puis en superposition avec d'autres techniques. Le jeu des empreintes commence, les pages volontairement non protégées permettent les mélanges de matières, les transferts, les effets de transparence…
Ses créations tournent autour des couleurs, denses et saturées, en couches successives, à-plats et transparence, à la recherche d'une tension, d'une vibration.
En 2012, sa 1ère exposition est au Havre à l’Art-Hôtel. Fabienne Courtois a l’opportunité à travers ce lieu d’explorer des formats plus grands, dans une continuité. Dans les couloirs, les portes sont transformées à partir de photographies agrandies des pastels. Elles accueillent ses couleurs souvent vives, contrastées aux lignes pures, parfois flottantes.
L’envie d’agrandir encore les formats, de poursuivre le jeu des empreintes, de mélanger les matières pousse Fabienne Courtois à explorer d’autres papiers et tout est prétexte à création. Elle ajoute des traits, réalise des empreintes à partir de papiers déchirés, de fils d’enveloppes kraft, d’une simple toile cirée qui fait des plis… et elle laisse libre cours aux gestes, à la liberté, tout en structurant par les couleurs appliquées ensuite ou d'abord. On peut y voir les reliefs, les sillons, les contours, les entremêlements, les saturations, les chemins, les lignes qui assemblent et relient, l’humain dans sa complexité.
Surtout, la joie de créer est immense et les plaisirs sont nombreux. Le plaisir du papier, fragile et résistant à la fois, celui du travail sur carnet qui, page après page, forme un univers patiemment accompli. Le plaisir des matières, le pastel sec, poudreux qui s’applique en multipliant les couches généreusement sans repentir possible, ce qui est fait est fait, il faut accepter et poursuivre son chemin. Plaisir de l’encre de gravure, dense et fluide en même temps qui, si on l’écoute donne les empreintes recherchées, il faut alors savoir recevoir avec légèreté, accepter les dérapages, se laisser surprendre et finalement embarquer…
C’est sans doute là le moment tant recherché, entre contrôle et lâcher prise, le surgissement ! Comme une évasion souhaitée et nécessaire qui surgirait d’une énergie créatrice et libératrice…